Le Festival de Cannes, mode d’emploi
La montée des marches, la Palme d’or, le dress code des projections du soir et ce que le public peut réellement voir : tout ce qu’il faut savoir sur le plus célèbre des festivals de cinéma.

Chaque année au mois de mai, pendant une dizaine de jours, une petite ville de la Côte d’Azur devient la capitale mondiale du cinéma. Les palaces de la Croisette sont réservés des mois à l’avance, les plages se transforment en salons privés, et des milliers de professionnels viennent y voir, acheter et vendre des films. Le Festival de Cannes est à la fois une fête, une vitrine et un marché.
Une naissance contrariée
L’idée du Festival naît à la fin des années 1930, en réaction à la Mostra de Venise, alors sous l’influence du régime fasciste. Une première édition est prévue pour septembre 1939, mais l’invasion de la Pologne et l’entrée en guerre l’annulent. Le Festival tient finalement sa première véritable édition en 1946. Depuis, il a lieu chaque année, à quelques exceptions près, dont l’édition interrompue de 1968, en pleine contestation, et celle annulée de 2020, en raison de la pandémie.
La Palme d’or
La récompense suprême porte ce nom depuis 1955, en hommage aux palmiers des armoiries de la ville. Elle est décernée par un jury de personnalités du cinéma, présidé chaque année par une figure différente. Elle a couronné des films aussi différents que Le Guépard de Visconti, Taxi Driver de Scorsese, Apocalypse Now de Coppola ou Pulp Fiction de Tarantino.
Les sections
Le Festival ne se résume pas à la compétition officielle. Il comprend plusieurs sélections parallèles, dont Un certain regard, qui met en avant des œuvres plus audacieuses. D’autres événements, comme la Quinzaine des cinéastes ou la Semaine de la critique, se déroulent en même temps, organisés de façon indépendante, et ont révélé de nombreux réalisateurs.
La montée des marches
C’est l’image que le monde entier connaît : le tapis rouge et les vingt-quatre marches du Palais des Festivals, que gravissent chaque soir les équipes des films en compétition, sous les flashs. Pour les projections officielles du soir dans le Grand Théâtre Lumière, la tenue de soirée est de rigueur : smoking et nœud papillon pour les hommes, robe longue ou très habillée pour les femmes. Les règles ont été assouplies ces dernières années, mais l’esprit demeure.
Depuis 2018, le Festival demande aux invités de ne pas faire de selfies sur les marches. La raison donnée est simple : la montée retardait les projections, et l’on vient à Cannes pour voir un film, pas pour se filmer. Une leçon de savoir-vivre qui dépasse largement le cinéma.
Y aller sans badge
Le Festival reste avant tout réservé aux professionnels accrédités. Mais le public n’est pas exclu. Chaque soir, le Cinéma de la Plage propose des projections gratuites en plein air, face à la mer, de films anciens restaurés ou de films de la sélection. Certaines projections sont aussi accessibles sur invitation, distribuée par la ville ou par les organisateurs, et la Croisette elle-même, avec ses photographes, ses voitures de luxe et ses tenues de soirée en plein jour, est un spectacle permanent.
Les adresses mythiques
Le Carlton, le Martinez, le Majestic : les grands hôtels de la Croisette sont indissociables de la légende du Festival. Le Carlton, avec ses deux coupoles, apparaît dans La Main au collet d’Hitchcock. Pendant le Festival, leurs bars et leurs plages deviennent les lieux où se négocient les films et se croisent les stars.
À Cannes, on ne monte pas les marches pour être vu. On les monte pour aller voir un film.