Les salles de cinéma mythiques de Paris
Un palais néo-égyptien à Barbès, une salle Art déco de près de trois mille places, un petit cinéma du Quartier latin qui programme les classiques depuis 1938 : Paris est la ville des salles obscures.

Paris est sans doute la ville au monde où l’on va le plus au cinéma. On y trouve des multiplexes comme partout, mais aussi une constellation de salles anciennes, indépendantes, parfois minuscules, qui programment des films de patrimoine, des rétrospectives et des avant-premières. Certaines sont devenues de véritables monuments.
Le Grand Rex
Inauguré en 1932 sur les Grands Boulevards, le Grand Rex est l’une des plus grandes salles de cinéma d’Europe. Sa grande salle, qui compte près de trois mille places, est décorée comme une ville méditerranéenne à ciel ouvert : façades, balcons et palmiers sous un plafond étoilé. On y vient pour les avant-premières, les grands films d’animation, et pour le plaisir rare de voir un film dans une salle aussi démesurée. Le bâtiment est inscrit aux monuments historiques.
Le Louxor
Construit en 1921 au carrefour de Barbès, le Louxor doit son nom et sa façade à la mode égyptienne qui suit les grandes découvertes archéologiques de l’époque : mosaïques bleues, or et noires, frises et motifs inspirés de l’Égypte antique. Longtemps abandonné, il a été racheté par la Ville de Paris et rouvert en 2013 après une restauration complète. Il propose aujourd’hui une programmation de films d’auteur dans un décor unique.
Le Studio 28
Au cœur de Montmartre, rue Tholozé, le Studio 28 ouvre ses portes en 1928, et il revendique le titre de plus ancien cinéma d’art et d’essai de Paris. Il a vu passer toute l’avant-garde des années 1920 et 1930. En 1930, la projection de L’Âge d’or de Luis Buñuel et Salvador Dalí y provoque une émeute, des militants d’extrême droite saccageant la salle. On y trouve aujourd’hui un petit jardin et un bar, et des lustres dessinés par Jean Cocteau.
Le Quartier latin concentre une densité unique de petites salles indépendantes. Le Champo, rue des Écoles, programme depuis 1938 les grands classiques du cinéma, et François Truffaut et Claude Chabrol comptaient parmi ses habitués, bien avant de passer derrière la caméra.
Le Max Linder Panorama
Sur les Grands Boulevards, à deux pas du Grand Rex, cette salle porte le nom de Max Linder, l’une des premières grandes vedettes comiques du cinéma muet, qui l’avait rachetée en 1914. Rénovée à plusieurs reprises, elle est réputée pour son écran géant et sa qualité de projection, et elle attire les cinéphiles qui veulent voir les grands films dans les meilleures conditions.
La Cinémathèque française
Fondée en 1936 par Henri Langlois, Georges Franju et Jean Mitry, la Cinémathèque a été l’école de toute la Nouvelle Vague. Installée depuis 2005 à Bercy, dans un bâtiment dessiné par l’architecte Frank Gehry, elle conserve l’une des plus riches collections de films, d’affiches et d’objets de cinéma au monde, et programme chaque jour des rétrospectives.
Les bons réflexes
- On arrive avant le début de la séance, et l’on éteint son téléphone, vraiment.
- On ne parle pas pendant le film, même à voix basse.
- Dans les salles de patrimoine, on reste pendant le générique : il fait partie du film.
- Les séances du matin et les rétrospectives sont souvent les plus belles expériences.
Un film vu dans une belle salle n’est jamais tout à fait le même film.