Séjourner dans un palace
Le concierge, les pourboires, la tenue au bar et au petit-déjeuner, et l’art discret de se sentir chez soi : les usages des grandes maisons hôtelières, pour en profiter vraiment.

Les portes tournent, le portier vous salue par votre nom alors que vous ne l’avez jamais vu, un bagagiste a déjà pris votre valise. En quelques secondes, on comprend que les règles ne sont plus tout à fait les mêmes. Un palace n’est pas seulement un hôtel très cher. C’est une maison, avec ses usages, et ceux qui les connaissent en profitent infiniment plus que les autres.
Un mot officiel
En France, « palace » n’est pas qu’un mot. Depuis 2010, c’est une distinction officielle, attribuée à une poignée d’hôtels cinq étoiles qui répondent à des critères très stricts de service, d’emplacement, d’histoire et de caractère. Ils sont une trentaine à peine dans tout le pays, à Paris, sur la Côte d’Azur, à Courchevel ou à Biarritz. Les usages qui suivent valent pourtant pour toutes les grandes maisons, en France comme à l’étranger.
Le concierge
C’est la personne la plus précieuse de l’hôtel. Une table introuvable un samedi soir, des places pour un opéra complet, un cadeau de dernière minute, un tailleur pour une retouche urgente, une adresse que personne ne connaît : les meilleurs concierges, souvent membres de l’association des Clefs d’Or, reconnaissables aux deux clés croisées sur leur revers, peuvent presque tout. Ils aiment qu’on leur fasse confiance, et qu’on les sollicite tôt.
On le remercie toujours, et un geste est apprécié quand le service a été exceptionnel. Le plus élégant est de le remettre à la fin du séjour, discrètement, dans une enveloppe ou une poignée de main.
Les pourboires
En France, le service est compris dans les prix, et le pourboire n’est jamais obligatoire. Il récompense une attention particulière. On pense au bagagiste à l’arrivée, au voiturier, à la femme de chambre en fin de séjour, au maître d’hôtel après un dîner réussi. Aux États-Unis, en revanche, il fait partie de la rémunération et l’on ne s’en dispense pas.
La tenue
Le bar et le restaurant du soir appellent une tenue soignée, même quand rien n’est écrit. Une veste pour les hommes, une robe ou un pantalon élégant pour les femmes. Au petit-déjeuner, on descend habillé, jamais en peignoir, même si l’hôtel en fournit de superbes : le peignoir reste dans la chambre, ou au spa.
La discrétion
Le vrai luxe d’un palace, c’est le calme. On parle bas dans le hall, on ne téléphone pas au bar, on ne photographie pas les autres clients. Les célébrités choisissent ces maisons précisément parce qu’elles savent qu’on les y laissera tranquilles. Les regarder trop longtemps est la marque la plus sûre du visiteur d’un soir.
Dans les grands hôtels, le personnel retient les habitudes des clients fidèles : l’oreiller préféré, le journal du matin, la température de la chambre, le cocktail du soir. On ne vous le dira jamais, mais au troisième séjour, tout sera prêt avant que vous ne le demandiez.
Demander
C’est le conseil le plus utile, et le plus négligé. Un palace est fait pour répondre aux demandes, et l’on n’a jamais l’air exigeant en demandant poliment. Une chambre plus calme, un surclassement si l’on fête un anniversaire, un petit-déjeuner tardif, un pressing dans l’heure : il suffit de demander, avec le sourire.
Le client d’un palace doit se sentir chez lui, en mieux. C’est à lui de le permettre.