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Le vol qui a rendu la Joconde célèbre

Un matin d’août 1911, un vitrier italien décroche le tableau et repart avec, caché sous sa blouse. Pendant plus de deux ans, le monde entier cherche la Joconde, et c’est ce vol qui en fait le tableau le plus célèbre de la planète.

04/09/2026 3 min de lecture
Le vol qui a rendu la Joconde célèbre

Le lundi 21 août 1911, le Louvre est fermé au public, comme chaque lundi. Dans le Salon carré, un homme en blouse blanche, semblable à celle que portent les ouvriers du musée, décroche un petit tableau peint sur bois, le sort de son cadre dans un escalier de service et repart avec, caché sous ses vêtements. Personne ne remarque rien. La Joconde vient de disparaître.

Une absence remarquée le lendemain

Ce n’est que le mardi qu’un peintre venu copier les œuvres du Salon carré s’étonne de trouver, à la place du tableau, quatre crochets vides. Le personnel pense d’abord que la toile a été emportée pour être photographiée. Il faut plusieurs heures pour comprendre. L’alerte est donnée, le musée est fermé, les frontières surveillées. La presse s’empare de l’affaire, en France puis dans le monde entier.

Les soupçons

L’enquête piétine. Parmi les personnes interrogées figurent le poète Guillaume Apollinaire, brièvement incarcéré, et le jeune Pablo Picasso, entendu par la police, en raison d’une affaire antérieure de statuettes dérobées au Louvre par une de leurs connaissances. Tous deux seront mis hors de cause. Pendant ce temps, les foules se pressent au Louvre pour contempler… l’emplacement vide du tableau.

Deux ans plus tard

En décembre 1913, un marchand d’art florentin reçoit une lettre d’un homme qui prétend posséder la Joconde et souhaite la rendre à l’Italie. Le rendez-vous est pris dans un hôtel de Florence. Le directeur des Offices accompagne le marchand. L’homme sort le tableau d’une malle à double fond. Il est authentique.

Le voleur s’appelle Vincenzo Peruggia. C’est un vitrier italien qui avait travaillé au Louvre, notamment à la pose de vitres de protection sur certains tableaux. Il connaissait les lieux, les horaires et les habitudes du personnel. Il affirme avoir voulu rendre à l’Italie un chef-d’œuvre qu’il croyait volé par Napoléon, ce qui est faux : Léonard l’avait apporté lui-même en France, et le tableau avait ensuite été acquis par François Ier.

Avant d’être rendue à la France, la Joconde est exposée quelques jours à Florence, puis à Rome et à Milan, devant des foules immenses. Elle revient au Louvre en janvier 1914, accueillie comme une célébrité.

La naissance d’une icône

Avant 1911, la Joconde était considérée comme un chef-d’œuvre, mais un chef-d’œuvre parmi d’autres dans les collections du Louvre. Le vol, et l’immense couverture de presse qui l’a accompagné, l’ont transformée en icône mondiale. Son visage a été reproduit dans les journaux du monde entier, sur des cartes postales, dans des caricatures. Quelques années plus tard, Marcel Duchamp lui dessine une moustache, et le tableau entre définitivement dans la culture populaire.

Aujourd’hui

La Joconde est exposée dans la salle des États, derrière une vitre de protection, face à une toile immense de Véronèse, Les Noces de Cana, que la plupart des visiteurs ne regardent même pas. Petit conseil : retournez-vous. Vous verrez l’un des plus grands tableaux du Louvre, et presque personne pour vous gêner.

On a volé un tableau. On a rendu une légende.